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Roméo et Juliette, par le Perm Ballet State, au Bord Gáis Energy Theatre

J’ai assisté au ballet Roméo et Juliette par la Perm Ballet of State au Bord Gáis Energy Theatre. Il était accompagné par l’orchestre symphonique de RTE. J’ai beaucoup aimé ce spectacle. 

Voici un extrait du spectacle par le Perm Ballet State. Dans cette vidéo, on voit le fameux bal des Capulet. Roméo et Juliette s’y rencontrent pour la première fois à 5:29.

La trame de ce ballet est celle de la très célèbre tragédie de Shakespeare.
Cette chorégraphie est de Kenneth McMillan (1929-1992). Je l’ai trouvé magnifique; elle est très claire, très fluide, et requiert un vrai jeu d’acteur de la part des danseurs. Ainsi, on ne subit pas des heures de pure danse classique, ce qui, je l’avoue, peut être long, même pour des spectateurs avertis.
C’est donc un ballet très accessible. Malgré la durée (le spectacle comprend deux entractes), la chorégraphie est très actée, pleine de pantomime (une sorte de langue des signes pour le ballet), et présente la danse comme un simple moyen de transmettre une histoire.
Cette chorégraphie ne respecte pas les règles du ‘ballet classique’ (ce terme n’existe pas, mais il est vrai que le ballet, comme d’autres formes d’art, est traditionnellement codifié.) Ainsi, un Pas de deux commençait par une variation du couple sur une musique lente du même nom, un adage, puis venait la variation de l’homme, puis de la femme, et tous deux finissaient par une coda, un duo sur une musique très rapide avec des pas très techniques. Ici, McMillan adapte les règles du ballet pour suivre la trame de l’histoire.
La musique est celle du célèbre Prokofiev (1891 –1953). Elle est très lisible. Certains thèmes reviennent pour de mêmes situations ; des scènes d’amour, de combats par exemple. Elle est même très expressive puisqu’elle livre l’intrigue. La musique la plus connu de ce ballet est la Danse des Chevaliers.

 

Roméo et Juliette lors du bal / entertainment.ie

La danseuse, Natalia Domracheva, a, je trouve, parfaitement interprétée son rôle de Juliette. 
On reproche souvent aux danseurs russes d’en faire trop, de faire du spectaculaire, du dramatique, mais cette danseuse a très justement interprété le rôle complexe qu’est Juliette.
Selon Agnès Letestu, une danseuse étoile de l’Opéra National de Paris, “il faut incarner l’enfant tout en laissant  poindre la femme qui est en elle” pour ce rôle ; Juliette n’est qu’une enfant de 14 ans qui découvre l’amour.
Et c’est ce qu’a bien représenté Natalia Domracheva. Dans la vidéo en lien, j’aime un peu moins l’interprétation, car c’est déjà trop une adulte, heureuse d’être avec Pâris. Je pense que Juliette n’est pas attirée par Pâris, mais plutôt qu’elle s’en fait une raison.
Natalia Domracheva dansait avec une légèreté irréelle, ces déplacements semblaient aériens. Son interprétation était sensible, et elle avait une certaine élégance. Elle n’exagérait pas les figures extraordinaires, ce qui rendait son personnage plus fragile, plus véritable, et la faisait apparaître pour une jeune et pure innocente qui meurt pour son amour. D’ailleurs, dans le passage lorsque Juliette prend la substance pour s’endormir comme morte, elle a très bien représenté le dégoût et à la fois l’attirance de cet acte, qui est presque suicide.

Ruslan Savdenov, le Roméo de ce soir là, avait une technique irréprochable. La danse classique masculine est peut être ce que je préfère dans le ballet ; il y a une forme de puissance, et de beauté dans cette technique, basée sur les sauts et les tours.

Les costumes étaient superbes. Les couleurs étaient chatoyantes, les tissus légers et vaporeux pour les femmes.
Malgré tout, on peut noter une confusion au niveau de leur couleur. Vert pour les Montaigu et rouge pour les Capulet certes, mais on est parfois un peu perdu, on ne sait pas vraiment chez qui on est, qui vient de quelle famille, ceux qui ne sont d’aucune des deux familles…
Juliette et Roméo par contre, ne tiennent pas compte de ces règles de couleurs, peut-être pour symboliser le fait que cela ne les regarde pas puisqu’ils défient toutes règles, mais pourquoi alors le prétendant de Juliette, Pâris, de la maison du Seigneur Vérone est en blanc lui aussi. Il ne fait certes pas partie de la famille mais peut-être aurait ils pu lui mettre une couleur se rapprochant de la famille de Juliette, pour symboliser le désir des parents.

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La facade du Grand Canal Theatre www.discoverdublin.ie/

Le spectacle s’est déroulé au Bord Gáis Energy Theatre, initialement Grand Canal Theatre. Il est situé sur Grand Canal Square. C’est un nouveau bâtiment (2010) construit par le célèbre Daniel Libeskind. Sa composition est très moderne, et toute en longueur.

Au niveau du placement dans la salle, pour ces grands ballets classiques, pas besoin d’être au premier rang. En effet, il y a un grand jeu d’ensemble et de couleurs avec les costumes, que l’on apprécie mieux de plus loin. Autant être plus haut pour voir les ensembles, mais au milieu, pour tout voir. Ce théâtre a des gradins tellement drus que l’on y voit parfaitement bien, même de haut.

Je suis sortie de ce spectacle des étoiles dans les yeux. Peut être est-il un peu long pour un premier ballet, mais il est magnifique. Ce n’est pas forcement celui auquel on pense tout de suite quand on parle de danse classique mais il fait parti des plus célèbres. Si vous avez l’occasion, saisissez la chance d’aller voir un ballet. N’ayez pas peur de la technique classique, elle n’est que matière pour l’interprétation ; c’est avant tout une histoire qui est racontée.
Ici, celle de la jeunesse innocente qui ose mourir par amour pur.

Différents extraits du ballet Roméo et Juliette par le Perm Ballet State.

 Clémentine Bienenfeld




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