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L’euro peut-il disparaitre ?

L’euro peut-il disparaitre ?

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Le retour des peuples européens au Franc,  Deutsche Mark ou encore au Drachme grecque est-il envisageable ?

Tout d’abord je tiens à me présenter, je suis élève du lycée français d’Irlande. La grenouille est une plateforme d’échange d’informations intéressantes proposées aux élèves. Je rédigerai des sujets ayant une dimension économique et politique principalement. Toutefois je n’exclus pas des sujets scientifiques. Libres sont les lecteurs de proposer d’autres sujets. Je publierai mes articles sous un pseudonyme.

Nous élèves du lycée français d’Irlande avons grandi dans une Europe unifiée, partageant une monnaie unique et un système de libre échange très poussé. Il me serait difficile d’imaginer l’utilisation du franc ou encore de la livre irlandaise au quotidien. Cependant de nombreux partis politiques, des économistes européens, américains ou encore des PDG de certaines grandes banques ne croient plus en la monnaie unique et sont fortement pessimistes concernant l’avenir de la zone euro. A titre d’exemple en France je pourrais citer l’homme politique qui s’était présenté aux élections présidentielles Nicolas Dupont-Aignan ainsi que la dirigeante du Front National dont on connait le nom et l’économiste Jacques Sapir qui soutient le Front de Gauche ou encore Jean-Jacques Rosa, spécialiste des théories financières  et professeur émérite à Sciences-Po. Aux Pays-Bas Lars Seier Christensen, Patron et co-fondateur de Saxo Bank a parié sur un effondrement de la zone euro dans les 10 ans à venir. Les mouvements dénonçant le fonctionnement de l’Union Européenne gagnent en force à travers toutes l’Europe (souvenez-vous du cas Grec).

Mais comment une monnaie unique pourtant si pratique à vue d’œil arrive à susciter tant d’inquiétude ?

                 En France, ni la droite, ni la gauche ne parviennent à résoudre le problème. La Dette publique explose, le chômage ne cesse de croitre quotidiennement, de nombreuses PME françaises se font absorber par des groupes étrangers de jour en jour. Les chiffres semblent certifier que les résultats économiques actuels sont très similaires  aux chiffres détenus par l’UMP qui était au pouvoir il y a maintenant plus d’un an.                                                                                                                                              La question que l’on se pose est : avons-nous toujours la même marge d’action économique et  budgétaire d’avant 2008 ou d’avant 2002 ? La réponse semble être non pour de nombreux pays Européens, qui sont sous la tutelle du FMI et des institutions européennes. Récemment le site de recherche Canadien ‘’mondialisation.ca‘’ a résumé le bilan fait par le FMI concernant l’avenir de l’Espagne :

« Espagne 2018. Ce n’est pas le titre d’un film de science fiction apocalyptique. C’est le sombre avenir que nous réserve le Fonds monétaire international (FMI) dans son récent rapport annuel relatif à l’Espagne. Après plusieurs coupes budgétaires brutales qui ont appauvris massivement la population, une réforme du travail et une autre des retraites sous sa houlette, cette institution recommande encore plus d’austérité. Le résultat, selon ses propres prévisions, sera plus de dette, de chômage et une augmentation de la pauvreté. »

La commission européenne et La BCE (Banque Centrale Européenne) a vu son pouvoir sur les membres de la zone euro s’accroitre depuis l’entrée de la zone dans une période de crise. Si le gouvernement Ayrault décide d’aller à contre-courant des modèles budgétaires économiques proposés par les technocrates européens reposant à Bruxelles, il n’est pas difficile pour ces derniers de sanctionner à tour de bras. En novembre 2012 la France avait échappé de peu à une amende de 4 milliard d’euros pour ne pas partager les mêmes projections concernant le déficit public que Bruxelles. Le comité européen prévoyait une réduction du déficit public à 3.5% du PIB à la fin de 2013 alors que les hommes de Matignon 3 %. Le site de BFM sut correctement résumer la procédure ici exécutée par Bruxelles :

« Si le pays mis en cause n’adopte pas de mesures budgétaires ou financières permettant de réduire son déficit, la Commission peut infliger au terme de la procédure une amende proportionnelle à son PIB. Celle-ci pourrait se monter à 4 milliards d’euros pour la France. »

Peu de personnes contrediront le fait que l’Allemagne est le pays avec la plus importante capacité économique de la zone euro. Son PIB est le plus élevé d’Europe, elle possède le plus grand nombre d’habitants (nombre de sièges au parlement le plus élevé) et s’affiche comme une des nations européennes les plus compétitives économiquement dans de nombreux classements internationaux :

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Il est intéressant de remarquer que le partie ‘anti-européen’ allemand l’AFD a obtenue 4.7 %  de voix lors des dernières élections où Angela Merkel est sortie triomphante. Ces résultats en Allemagne ne correspondent pas vraiment aux chiffres des autres pays Européens. A la dernière élection française, les partis politiques contre l’EU ou voulant une refonde importante de celle-ci ont empoché entre 20 et 30 % des vois. Il est de même en Autiche, au Royaume-Uni mais aussi dans des pays à la démographie moins importante comme le Danemark ; sans citer le désordre politique en Italie crée par le Mouvement 5 étoiles et le chaos politique Grec où un mouvement néo-nazi s’est affirmé comme un des partis leader du pays.

Pourquoi l’Allemagne ne connait pas-t-elle ces disparités d’opinion dans ses élections ?

Il est rare de voir Bruxelles critiquer la politique économique menée par l’Allemagne. En réalité la politique d’austérité régnant en Allemagne est similaire à celle prônée par la commission européenne. L’Allemagne est ici représentée comme un modèle à suivre pour les pays de la zone euro. La question qui se pose est tout simplement : la politique d’austérité Allemande peut-elle être appliquée efficacement dans les 16 autres nations détendeurs de l’euro ? Il semble que non vu l’état économique de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce, de l’Italie, de L’Irlande où la politique d’austérité fut appliquée avec rigueur. Les résultats du gouvernement français actuel ne sont pas plus encourageants. Les rapports du FMI sur l’état de santé des pays européens sont moroses, peut-être à l’exception de ceux concernant l’Allemagne. Cependant pour plusieurs raisons, si cette politique d’austérité est détournée par les pays européens, il y a un risque d’effondrement de l’euro.                                                                                                C’est ainsi que Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, déclare :

«Les conséquences de cette précipitation de l’Europe vers l’austérité seront durables et probablement sévères. Si l’euro survit, ce sera au prix d’un chômage élevé et d’une énorme souffrance, notamment dans les pays en crise.»

 La question qui se pose alors est : quels sont les intérêts de l’Allemagne à garder la monnaie unique et le système monétaire européen ?

Les grandes économies de la zone euro n’ont pas les mêmes caractéristiques et divergent sur beaucoup de sujet tel la fiscalité, l’aide sociale (smic quasiment inexistant en Allemagne), etc…                                                                                                        Si on revient aux anciennes monnaies de chaque pays, les taux de change de chacune de ces monnaies ne seront pas au même niveau que l’euro actuel par rapport au dollar.

L’économiste français Jacques Sapir a calculé le taux de change présumé des différentes nouvelles monnaies :

Mouvement des taux de change à partir de l’Euro et taux de change en résultant avec le Dollar US

PAYS

Poids du PIB dans la ZE

Changement de parité %

Taux de change avec le Dollar US

France

19,3

-20%

1,040

Belgique

3,5

-10%

1,170

Luxembourg

0,36

-10%

1,170

Allemagne

27,41

15%

1,495

Italie

16,7

-25%

0,975

Pays-Bas

6,2

15%

1,495

Irlande

1,71

0%

1,300

Finlande

1,77

15%

1,495

Autriche

2,88

15%

1,495

Espagne

12,77

-30%

0,910

Grèce

2,99

-50%

0,650

Portugal

2,31

-40%

0,780

Il est possible après pour ces pays de dévaluer d’avantage en mettant plus de monnaies en circulation (susceptibles de créer de l’inflation). L’Allemagne verra ses exportations fortement réduites, sa compétitivité impactée. La France, l’Italie et L’Espagne verront leurs exportations s’accroitre, cependant les produits seront plus coûteux. Cette inflation sera particulièrement dévastatrice dans des pays comme la Grèce où la part d’importation est largement excédentaire.   Les dettes publiques et privées étant libellées en euro, deux scénarios se présentent :

-si l’euro explose, la dette des pays qui se voient acquitter d’une monnaie qui est fortement dévaluée verront leur dette multipliée.

-L’ensemble de la zone euro prépare l’abandon de l’euro, l’euro est dévalué à un niveau proche du dollar puis est abandonné. Les pays ayant une monnaie dévaluée subiront une plus faible voire inexistante augmentation de la dette.

L’Allemagne profite d’un euro bas par rapport au Deutsche Mark car ce pays possède un volume d’exportations de 1 121 milliards de dollars, soit un tiers du revenu national brut. L’Allemagne est le deuxième exportateur de biens et services dans le monde derrière la Chine. De plus 64 % des exportations allemandes se font en Europe. Tout de suite la dévaluation de la monnaie des pays européens comportant les plus importants marchés allemands (ex : la France) aura un impacte immédiat. Les produits Français fabriqués en France connaitront alors une nouvelle aire. Jacques Sapir s’accorde a dire que pour la France:

« Les gains en croissance (et donc en emplois) et dans le domaine fiscal l’emportent de loin sur l’impact inflationniste. »

Ainsi ce termine cet article qui reste à compléter, de nombreux paramètres restent à prendre en compte pour affiner les différents arguments présentés. Je suis toutefois ouvert à toutes critiques ou commentaires. Il est probable que mes camarades journalistes LFI viennent apporter d’autres arguments sur le sujet.

FLOCB

 frenchfrank




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