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La bombe grecque : l’UE écoutera-t-elle enfin ses concitoyens ?

Un nouveau courant risque de s’amorcer en Europe. La zone euro a connu une croissance ridicule de 0.2 % au troisième trimestre de 2014 et elle ne devrait pas dépasser les 1.1 % en 2015. L’Allemagne a connu un trimestre de récession cette année. En 2014, le chômage a atteint de nouveaux records en Italie et en Espagne 26 % de la population active n’a pas d’emploi. La commission européenne bruxelloise n’est jamais satisfaite du budget français. Pendant que les continentaux s’enfoncent, les britanniques prennent le large avec une croissance qui tourne à plein régime.

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http://www.europarl.europa.eu/resources/library/images/20141028PHT76418/20141028PHT76418_original.jpg?epbox[reference]=20141027STO76315

 

Notre nouveau président de la commission européenne Jean-Claude Juncker fait régulièrement des discours, en agitant l’idée d’une future reprise économique et d’un plan d’investissement de 300 milliards au sein de l’Union Européenne. Ces 300 milliards d’euros sont directement prélevés auprès des états membres puis redistribués à travers l’Union européenne, un vrai tour de passe-passe qui prend la forme de ces panneaux que vous avez surement déjà croisés :

panneau financement eu

http://img.over-blog-kiwi.com/0/75/02/52/201309/ob_9bbe12332178cdd79e12744a58cf09c2_commune-andrafiabe.jpg

 

Les européens ont exprimé lors des dernières élections une forte envie d’en finir avec l’austérité ou l’Euro. Seule l’Allemagne n’est pas en proie à ces mouvements, les caractéristiques de l’euro étant davantage bénéfiques à l’économie germanique qu’aux autres pays d’Europe latine (voir article euro).

Toutefois les instances européennes souhaitent toujours que leur ‘carnet de réformes’ soit respecté et que l’austérité soit appliquée. Il semble qu’il n’y ait que très peu ou aucune remise en cause du personnel exécutif européen. En plus de ne présenter aucun bilan économique satisfaisant, l’Union Européenne est peu sensible à l’avis de ses citoyens. De nombreux partis souverainistes ont saisi ces thématiques et se sont désormais imposés comme les principales forces d’opposition aux politiques économiques européennes actuelles.

Dans un récent sondage paru début 2014 en Italie, il est indiqué que 49% des Italiens souhaitent revenir à la lire et que 44% ne le souhaitent pas. Les conseillers du premier ministre italien Mattéo Renzi se serraient même déjà penchés sur le scénario d’une sortie de la zone euro pour juin 2015 si aucun changement de politique au niveau européen ne serait effectué.

Le premier ministre social démocrate Italien, Mattéo Renzi :

Conferenza stampa al termine del Consiglio dei Ministri

http://www.paeseitaliapress.it/img/articoli/7098matteorenzieuropeesondaggi6.jpg

 

Le pays qui se trouve dans la posture économique la plus mauvaise actuellement en Europe est la Grèce. La République hellénique risque de créer prochainement davantage de trouble dans la zone euro. En effet les différents plans de sauvetage de ce pays n’ont jamais été complétement des réussites et aujourd’hui un parti de gauche radical et fortement opposé à l’austérité est en proie de prendre le pouvoir. Il s’agit de Syriza :

syriza-charitsis

http://www.regards.fr/IMG/jpg/syriza-charitsis.jpg

 

Le 31 Décembre dernier, le parlement grec à Athènes fut dissout car ses membres n’ont pas pu s’entendre pour élire un nouveau président. De nouvelles législatives auront lieu le 25 janvier et les sondages prédisent que Syriza et son leader Alexis Tsipras pourraient faire leur grande entrée au palais d’Hérode Atticus :

grece-syriza-aux-portes-du-pouvoir

http://images.centrepresseaveyron.fr/images/2014/12/31/grece-syriza-aux-portes-du-pouvoir_911209_800x600.jpg?v=1

 

Des gardes evzones devant le palais présidentiel Hérode Atticus :

1280px-Evzone_Presidential_Palace_Athens_Change_1http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fe/Evzone_Presidential_Palace_Athens_Change_1.jpg/1280px-Evzone_Presidential_Palace_Athens_Change_1.jpg

 

Si ce parti réussit son ascension au pouvoir, certaines banques grecques seront nationalisées et un important audit de la dette sera effectué. Il souhaite effacer une importante partie de la dette grecque en la renégociant auprès de l’Union Européenne et du FMI.

Le salaire minimum grec et les minimas sociaux seraient également réévalués et des taxes visant les personnes les plus aisées du pays instaurées. Syriza souhaite également que toute personne qui ne paye pas ses impôts se voit retirer sa nationalité grecque et que d’importantes démarches soient entreprises pour réduire la corruption dans le secteur publique et médiatique. La coalition politique grecque contre Syriza dénonce le manque de structure, d’expérience et de cap sur le long terme de ce parti qui une fois arrivé au pouvoir risque de se comporter comme un parti amateur de tendance centriste d’après eux.

Alexis Tsipras, leader de Syriza et peut être future président de la Grèce :

Alexis Tsiprashttp://graphics8.nytimes.com/images/2012/05/12/world/athens/athens-superJumbo.jpg

 

Les dirigeants de l’Union Européenne et les marchés boursiers ne souhaitent surement pas voir arriver Syriza au pouvoir. Il est intéressant de noter que le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker a annoncé que sa « préférence serait de revoir des visages familiers en janvier », donc les mêmes membres de la coalition grecque précédemment en fonction. Il s’agit d’une première car auparavant jamais un président de la commission européenne n’avait émis de préférence vis-à-vis d’une élection nationale.

Dans cette interview de BFM-TV, l’économiste Jacques Sapir nous livre une analyse sur l’éventuelle victoire de Syriza et plus globalement sur le risque de dislocation de la zone euro :

Dernièrement, Angela Merkel a fait comprendre que la Grèce pourrait quitter la zone euro si elle décide de ne plus suivre le plan de réforme européen. Ainsi, s’il s’avère que Syriza remporte les élections en Grèce, nous aurons l’occasion d’assister au premier pays qui quitte la zone euro. Toutes les procédures administratives pour sortir de la zone économique seront mises à l’œuvre. Si cette première éviction se déroule, elle sera extrêmement suivie car elle permettra de collecter d’essentielles données économiques et logistiques pour les nombreux partis eurosceptiques qui inspirent à abandonner la monnaie unique. Le 25 janvier prochain, l’Union Européenne risque de connaitre de nombreux changements internes.

Flocb




One thought on “La bombe grecque : l’UE écoutera-t-elle enfin ses concitoyens ?

  1. scripteble

    Super article ! Et si la gauche radicale était la vraie solution pour l’économie ? 😉 Ce scénario parait très probable et intéressant!

    répondre

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