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La douloureuse question des armes aux États-Unis

300 000 000. C’est le nombre incroyablement élevé d’armes à feu en circulation aux États-Unis. Cela fait une arme par habitant. C’est le ratio le plus élevé, me semble t-il, des pays occidentaux. Par comparaison, on estime qu’en France 32% des personnes civiles sont armées. C’est donc une question de première importance aux USA. Ce nombre est d’ailleurs en augmentation par rapport à 2013, où il atteignait « seulement » 90%.

Une brève « histoire » des armes aux USA

Cette vidéo, très engagée et grinçante, met en avant ce que la possession excessive d’armes a feu à de malsain.

L’actualité des armes aux USA

Régulièrement, on annonce une nouvelle tuerie, dans les écoles en particulier. Ce n’est pas moins de 30 000 morts par an qui sont dus en réalité aux armes à feu. Pourtant, il est assez rare d’entendre parler d’adopter une régulation plus sévère sur les armes à feu. Il faut dire que la possession des armes à feu est fortement ancrée dans les mœurs américaines et qu’elle est garantie par le second amendement de la constitution des États-Unis. Le président Obama s’est dit pour une législation plus stricte et notamment l’interdiction des fusils d’assauts. Cependant, les dernières élections ont été un échec cuisant pour le président qui doit composer avec un Parti Républicain fortement hostile. Ce dernier est souvent le porte-parole des citoyens  attachés à la possession d’armes comme en témoigne cette vidéo où un candidat républicain utilise une arme à feu de façon… curieuse.

Il faut dire aussi que le groupe le plus puissant des États-Unis, la National Riffle Association (NRA) qui a un passé trouble avec le KKK, dépense chaque année des milliards de dollars en lobby. Hillary Clinton en a d’ailleurs fait son principal « ennemi de campagne ». La question, dont s’est désormais accaparé le camp démocrate, divise pourtant toujours autant la population nord-américaine.

Les mineurs se procurent eux aussi des armes de plus en plus jeunes et de plus facilement, car aucune réglementation ne saurait encadrer la vente de particuliers à particuliers.  En témoigne le nombre croissant de jeunes étudiants ou même enfants qui prennent les armes et tuent d’autres mineurs.

La législation de certains états peut même faire bondir. En Floride, par exemple, vous avez le droit de tuer votre agresseur, même si une autre solution pour éviter le danger est possible. Une affaire de « légitime défense » avait d’ailleurs fait scandale en 2012 aux Etats-Unis lorsqu’un homme avait été acquité pour le meutre d’un jeune de 17 ans, Trayvon Martin, meutre commis pour la simple raison que Trayvon portait une capuche et était noir.

Enfin, face à l’augmentation des tueries et des morts par balles, deux camps se distinguent clairement. Certains souhaitent toujours plus d’armes comme Ben Carson qui souhaiterai armer les enseignants de maternelle et pense qu’Hitler ne serait pas arrivé au pouvoir si les Allemands avaient été armés (voir l’interview de Ben Carson par Le Petit Journal).

Elle repose sur l’idée que pour contrer un fou armé, il faut un sain d’esprit armé. C’est la théorie que soutient la NRA qui dispose d’une image positive auprès de 68% des Américains. Il faut surtout rappeler que le business des armes pèse lourd. Il est estimé à 10,3 Milliards de dollars de chiffre d’affaires. Plutôt rentable comme stratégie, non ?

De l’autre côté, certains on compris que plus d’armes n’étaient pas la solution aux armes. Pour ce qui me concerne, j’ai choisi mon camp. Celui, on comprend que la population qui meurt le plus sous les balles, c’est celle qui est la plus pauvre, les noirs. Et c’est cette même population qui, quand elle ramène une horloge, est trainée au commissariat car elle suspectée de commettre un attentat. Les armes aux États-Unis, c’est l’expression la plus flagrante du racisme ambiant et de l’inégalité éconnomique. Pour poursuivre sur la question, je vous conseille un excellent documentaire : Bowling for Columbine du réalisateur américain Michael Moore, qui a reçu, entre autres récompenses, l’Oscar du meilleur documentaire, le César du meilleur film étranger et un prix spécial à Cannes.

Timothé L.




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