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Crise migratoire : quelle réponse donner en Europe ?

Antoine, nous faisait part, il y a quelques jours, d’une analyse intéressante sur la cas de la Hongrie face à la crise migratoire. Et si la solution n’était pas européenne ?

  • Une politique migratoire commune ?

On l’entend un peu partout dans les médias, certains sont clairement pour, d’autres sont clairement contre, y voyant une perte de souveraineté trop importante. Il s’agirait que chaque pays prenne sa part à ce que certains considèrent comme un effort : accueillir une juste proportion des migrants qui arrivent en Europe. Pour certains, cela serait le miracle contre ces disproportions entre immigration allemande et immigration croate. Est-ce véritablement réalisable ? On peut en douter. Mais l’on peut se rappeler que, si l’accueil et la solidarité n’ont pas été spontanée, il s’agit pourtant des valeurs qui ont fait l’Europe et permis d’apporter la paix.
La Hongrie a adopté une posture difficilement tenable qui voudrait une immigration à 0% quelque que soit le type d’immigration.

  • Quelle migration ?

Et c’est là l’une des confusion majeure dans le traitement médiatique de la crise. En effet, il existe deux types de migrations : migration économique et migration politique. Or il faut ici rappeler le XIVe amendement de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. Si certain migrants peuvent être raccompagnés à la frontière, cela ne peut pas être le cas pour les migrants politiques. Ceux qui fuient une guerre ou des situations dangereuses, comme c’est le cas en Syrie, Irak, Gambie, Erythrée, Sud Soudan et dans d’autres pays, sont des migrants politiques.
Dans ces cas là, la peur doit-être dépassée. Non seulement car elle repose sur des raisons souvent peu convaincantes, des relectures abusives de l’histoire, mais aussi parce qu’elle fait le lit d’extrémismes particulièrement dangereux… pour la paix.

Migrants arriavnts en Europe photo : AP Photo/Antonio Calanni

Migrants arrivant en Europe
photo : AP Photo/Antonio Calanni

  • Les migrations : une chance pour les nations ?

En effet, que serait-il de la France sans les 25% de la population d’origine étrangère qui la compose, sans les Rachida Dati, les Najat Vallaud Belkacem, les Myriam El Khomri, ou encore les Jamel Debbouze, les Gad Elmaleh… Face à la crise actuelle, une solution est proposée par l’extrême-droite européenne, le repli sur soi. Pourtant, cette position est dangereuse. Elle a conduit à exacerber les tensions, à porter sur l’autre un regard accusateur. C’est justement contre cette attitude que la construction européenne a voulu lutter. Était-il facile pour le générale de Gaulle de recevoir chez lui le chancelier allemand, alors que les plaies de la dernière guerre étaient encore béantes ? Sans doute non, mais, sans cette coopération, jamais la paix et la stabilité n’aurait pu être obtenue.
Il y a également ceux qui disent que nous ne pouvons pas accueillir des réfugiés. À ce propos, il est amusant et triste à la fois, de constater que jamais on a vu autant de photos de SDF « français » sur les réseaux sociaux. À croire que pour s’occuper d’eux, il faille se rendre compte qu’il y a une soit-disante concurrence de la misère. Cependant, dire que la misère coûte tant ou tant, ne veut strictement rien dire. Car, ces personnes – on oublierait presque parfois qu’il s’agit de personnes – apportent avec elle des savoirs-faire, de la main oeuvre… autant de talents qui sont essentiels pour une économie. Si l’immigration était coûteuse, pourquoi les États-Unis, première puissance économique mondiale, conserverait-il une politique d’immigration attractive encore aujourd’hui ? Comment la Turquie et le Liban pourraient-ils accueillir autant de réfugiés ? Sous forme de provocation, Nicole Feroni posait la question suivante sur France Inter devant Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur français : « Qu’est-ce qui coûte le plus cher à la France ? Un migrant soudanais ou un Jérôme Cahuzac ? » et d’ajouter de multiples exemples comme l’évasion fiscale, les abus de pouvoir, les sénateurs français qui touchent 11000€ d’indemnités dont la moitié n’est pas imposable ?

Pendant ce temps, la Hongrie a décidé de protéger coûte que coûte sa frontière, les militaires auront le droit de tirer sur les migrants, les partis de la peur semblent les seuls à faie entendre leur voix… Est-ce bien cela la solution de l’avenir ? La situation est tout de même étrange si l’on se rappelle que la Hongrie fait partie des pays profitant les plus de la directive « travailleurs détachés »…

T.LUCIUS




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