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La bataille de Dien Bien Phu chantée par Jean-Pax Mefret.

Voici donc le deuxième article de la série sur l’Histoire racontée par Jean-Pax Mefret. Cet article porte sur ce qui fut probablement le tournant de la guerre d’Indochine, la bataille de Dien Bien Phu. Cette bataille se déroula du 20 octobre 1953 au 7 mai 1954 et opposa d’une part les troupes françaises et d’autres part, les troupes du Viêt Minh dirigées par Ho Chi Minh, luttant pour l’indépendance de leur pays, alors colonie française. 

La bataille de Dien Bien Phu débute le 20 octobre 1953 avec l’opération Castor, avec la prise des positions viêt minh par deux bataillons de parachutistes français. Des renforts sont rapidement envoyés sur place et après la remise en état d’une ancienne piste d’atterrissage japonaise, un véritable va-et-vient de troupes s’opère avec comme but de consolider les positions en vue de résister à un assaut massif des Viêts Minh. Dans le même temps, des préparations similaires sont effectuées par les troupes de Ho Chi Minh ; une bataille à grande échelle se prépare.

Les combats ne commencent que le 13 mars 1954, avec un assaut surprise des Viêt Minh. Les services de renseignements français avaient sous-estimés la capacité de frappes des forces viêt minh et dès les premiers jours de nombreux officiers sont tués par des frappes d’artillerie et d’autres vont même jusqu’à se suicider devant l’échec probant se profilant et la peur des représailles. Mais très rapidement, les troupes viêt minh sont obligées de changer de tactique en raison du nombre trop conséquent de pertes suite aux assauts frontaux et une période d’accalmie s’installe permettant aux Français de se réorganiser et de revoir l’organisation de leur défense.

La seconde phase de combats est une phase de guérilla menée par le Viet Minh. Celui-ci harcèle continuellement les troupes françaises dans des attaques éclairs ayant comme but premier de démoraliser les troupes françaises et de les empêcher de se reposer. Dans le même temps, les positions importantes sont bombardées de jour comme de nuit et en particulier la piste d’atterrissage qui devient rapidement inutilisable, coupant tout moyen d’approvisionnement pour les Français si ce n’est par parachutages. Cependant les troupes françaises résistent héroïquement et le Viet Minh, impatient, lance l’assaut final le 1er mai 1954. Ce sont ces derniers instants de la bataille que Jean-Pax Mefret décrit dans sa chanson, la bataille prenant fin le 17 mai.

Pour une courte biographie de Jean-Pax Mefret, je vous invite à consulter mon premier article de cette séCarte du Vietnam lors de la Guerre d'Indochinerie, dont vous trouverez le lien en bas de cette page.

Dans cette chanson écrite presque quarante ans après la bataille, le chateur rend « hommage à tous ceux morts pour la France à Dien Bien Phu », Mefret ne veut pas être objectif, mais glorifier l’héroïsme des soldats français. En effet s’il décrit bien les événements tels qu’ils ont eu lieu, il ne le fait que du point de vue des Français et présentent les soldats français comme les seules victimes de la bataille alors que les pertes humaines ont été au moins du double pour le Viêt Minh.On retrouve là à la fois l’attachement de Méfret aux colonies françaises mais aussi sa dénonciation du communisme, ici celui du Viêt Minh.

Cette chanson peut paraître confuse pour une personne n’ayant pas un minimum de connaissances sur Dien Bien Phu en raison des nombreuses références précises. Ainsi, lorsqu’il parle du « PC Gabrielle » et d' »Isabelle », Jean-Pax Mefret n’évoque pas des femmes mais des positions par leur nom de code. S’il a fait ce choix c’est probablement  pour amener un peu plus d’émotion dans cette chanson triste. De plus, il décrit à l’aide d’images très fortes l’horreur du quotidien des soldats français : « sous un ciel gris de ferraille »/ « dans la boue ils creusaient leur trou ». L’insistance sur les mots composants Dien Bien Phu est oppressante et apporte avec la mélodie très répétitive, un sentiment d’une fin irrémédiable. Enfin, la description des soldats qui « chantent en tombant » renforce le nationalisme ardent de cette chanson.

En vert position des forces françaises et leur nom de codes et dans les encadres noirs, les bataillons viet minh.

En vert position des forces françaises et leur nom de codes et dans les encadres noirs, les bataillons viet minh.

Les conséquences de cette bataille furent innombrables. Tout d’abord, il s’agit de la bataille la plus meurtrière de la période post seconde guerre mondiale avec plus de 10 000 morts et 20 000 blesses. 11 721 français furent fait prisonniers et amenés dans des camps de concentration, seulement 3 29o survécurent aux conditions inhumaines de détention tandis que plus de 3 000 indochinois servant dans l’armée française furent portés disparus probablement exécutes pour trahison. Dien Bien Phu a aussi un impact très symbolique pour la décolonisation : elle marque le tournant de la Guerre d’Indochine et entraîna la partition du pays (accords de Genève en juillet 1954). Elle est aussi un symbole du soulèvement des peuples colonisés et de la possibilité d’obtenir l’indépendance à l’aide des armes et ce même face aux plus grandes puissances du monde.

Dans cette bataille, les valeurs de la France et l’image de l’armée française furent en jeu. En effet, il était très important pour les soldats français de se battre jusqu’au bout pour montrer la bravoure des troupes françaises et honorer ceux morts pour la nation. Aussi, les soldats cherchent à montrer que les valeurs françaises valent mieux que celles prônées par les viets minh et qu’eux aussi sont prêts a mourir pour les défendre. Enfin, les troupes françaises ne veulent pas souffrir du complexe d’infériorité envers ces troupes moins bien formées et équipées qu’eux, ce qui serait un signe de faiblesse pour une nation telle que la France, l’une des plus puissantes du monde.

A la manière de Jean-Pax Mefret, je vous invite à commémorer tous ces soldats qui se sont battus pour les valeurs de la France dans son ensemble.

 

Lien pour le précédent article de la même série: http://lagrenouille.org/23-octobre-1956-linsurrection-de-budapest-chantee-par-jean-pax-mefret

 Antoine Humbert

 




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