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A comme Avion

Un objet capable de captiver l’Homme de sa plus tendre enfance jusqu’à son plus vieil âge, capable de rendre notre monde accessible et de défier les lois de la nature, l’avion ne se limite pourtant pas seulement à cette définition.
Il incarne sous forme matérielle le désir humain de vouloir explorer ce qu’il y a au-delà des limites que la nature impose à l’Homme. Celle-ci le cantonne en effet aux territoires terrestres, et mettant hors de sa portée les territoires marins et aériens, en raison de sa complexion : il n’a que deux bras et deux jambes, ni ailes, ni branchies, ni nageoires. Ce désir ici est l’envie de voler . Notons que cette envie habite l’inconscient collectif humain depuis au moins l’Antiquité, à travers le mythe d’Icare par exemple, et probablement plus longtemps encore.
De plus, de grands esprits tels que Léonard de Vinci (1452-1519) avaient déjà eu l’idée de faire de cette envie une réalité, notamment à travers la production de croquis de machines volantes (par Léonard de Vinci) qui toutefois ne se concrétisèrent pas avant la fin du XIXe siècle.


René Descartes, philosophe de renom du XVIIe siècle, est reconnu dans le monde philosophique pour s’être penché assidûment sur la notion de désir. Dans son texte Les Passions de l’Âme (1649) il dit qu’il nous faut désirer que ce qui dépend de nous, et que les désirs portant sur ce qui ne dépend pas de nous doivent être détruits par un travail d’ascèse. En suivant sa pensée, le désir de voler serait sûrement classé dans la seconde catégorie et l’Homme, impuissant face à sa condition et incapable d’assouvir ce désir, serait condamné à le détruire en se raisonnant.
Le fait qu’aujourd’hui les avions existent est une victoire de l’Homme sur cette philosophie car celui-ci a réussi à s’approprier ce qui ne dépendait pas de lui, pour créer le système de transport aéronautique actuel, rendant son monde plus accessible. Toutefois, à chaque victoire sa défaite, et ici c’est la raison qui est vaincue. En effet, l’Homme ici a refusé de se raisonner pour accepter sa condition et s’en satisfaire. Au lieu de cela il a poursuivi son désir coûte que coûte. Le désir a gagné.
Si dans le cas de l’avion cette victoire du désir nous a beaucoup apporté, la poursuite de désirs inatteignables peut mener à l’insatisfaction et à la déception, ainsi qu’au gaspillage inutile de temps et d’énergie.

Andrien A., Terminale




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