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A comme Altitude

L’altitude est une grande dame dont le nom est souvent utilisé à tort à travers. Présente dans notre quotidien elle est aussi sujette à quelques-unes des plus grandes aspirations ou des plus grandes peurs de l’Homme. Ainsi elle n’a pas de réelles mesures, c’est-à-dire, qu’il suffirait de grimper quelques marches pour prendre de la hauteur tandis que d’autres viseraient la lune pour pouvoir y prétendre. De même, de simples substances pourraient vous faire monter aux cieux tandis que vos rêves vous feront tomber dans le vide.
Dès lors l’altitude attire et intrigue, on se met à gravir les plus hauts sommets, construire les plus
hautes tours, confectionner les plus performantes machines destinées à explorer l’espace ou la
galaxie pour alors peut-être, se retrouver seul au bout du compte, le seul à y être parvenus, libre et
fier. Mais cet instant ne dure pas longtemps car tout de suite la course reprend, la soif de grandeur
n’est jamais rassasiée et le désir humain jamais réellement comblé. C’est une source de réjouissance
qui peut ne durer qu’un temps.

De la même façon, cette jouissance n’est pas unanime et peut être légitimement remise en question. Avec l’altitude vient le vertige, compagnon de l’ombre et cauchemar vicieux, il est l’une des phobies les plus effrayantes de certains hommes. Tapis au plus profond de leurs êtres, les bloquants, à chaque ascension. On dit alors que cela nous donne le vertige…

Mais les plus grandes jouissances de la vie, les plus doux moments de bonheur, les plus beaux paysages, les plus « vertigineux » ne seraient-ils pas source de vertige eux aussi ? quand est-il donc ? qu’est donc réellement cette inconnue nommée grossièrement « altitude » que l’on pensait si bien connaître ? Serait-elle une part de rêve, un résultat de notre imaginaire. Dépendrait-elle de la vision de chaque homme vis-à-vis du réel tel que le décrit Maurice Merleau-Ponty dans sa Phénoménologie de la perception ?

Selon le philosophe chaque perception est propre à l’homme qui la perçoit. En fait chaque individu
possède une conscience, un passé, des interprétations et des sentiments vis-à-vis de chaque
perception qui lui est propre. Un objet vu la nuit par exemple de sera pas perçu de la même
manière qu’un objet vu sous la lumière du jour. Ainsi selon Maurice Merleau-Ponty la vision du
monde n’est légitime qu’uniquement pour la personne qui la perçoit. De ce fait l’attitude et
l’interprétation de l’altitude ne pourrait dépendre que de la perception qu’un homme se fait de cette
dernière.

Si cela est, et cela semble être alors une vision de l’altitude peut devenir gigantesque, tout en restant insignifiante. Jouant avec notre perception, elle peut être infinie et effrayante, sitôt que nous la voyons comme une ambition ou une peur. L’altitude ne sera alors jamais entièrement connue. Protégeant sa part de mystère elle nous laisse rêvasser pour qu’ainsi, l’Homme garde « la tête dans les nuages ».

Léa B., Terminale




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